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Terra Nostra, 1987
 
 
 
 
A propos de cette série  
 
9 peintures, inspirés de Terra Nostra, roman de Carlos Fuentes, publié en 1975.

Ecart entre visage et masque, entre "ser" et "estar"(être et paraître). Le noir (vide) tient ici une place essentielle.
 
 
 
Ce qu'en dit Micheline LO  
 
Carlos Fuentes voit son Mexique à travers l'Espagne, l'Espagne à travers son Mexique. Il étale sa vision dans le temps,  traverse autant les siècles que l'Atlantique.

[Terra Nostra] ce monument romanesque  gorge de noir la cour d'Espagne. La ténèbre gère l'humeur du roi, exalte le deuil inextinguible de la reine-mère, Jeanne la Folle, elle revêt même l'épouse royale, mal assortie à son costume. Sombres ou colorés, les neuf portraits sont des masques.
 
 
 
Ce qu'en dit Henri VAN LIER  
 
Ce qui s'est passé entre l'Espagne et l'Amérique centrale depuis 1500 reste un phénomène tout à fait troublant pour les curieux de paysages cérébraux.

Deux civilisations se rencontrent, s'affrontent, s'entre-détruisent, mais en même temps ont une communauté de vues suffisante, concernant la vie et la mort, le tout et le rien, l'imaginaire et le réel, pour donner lieu à une civilisation neuve, l'Amérinde. Carlos Fuentes a pris cet enchevêtrement pour thème de son monumental Terra Nostra. S'y trament des personnages bicontinentaux, transocéaniques. Micheline Lo retint les paysages cérébraux des plus insignes : le Roi, la Reine, la Reine mère, Guzman, Barbarica, l'Idiot, le Maçon.

Ayant l'occasion de choisir un de ces tableaux, Carlos Fuentes élut Barbarica, en précisant dans sa lettre qu'il y retrouvait « la tradición Velasquiana con la del esperpento (Ghelderode) y Ensor ». Esperpento était illuminateur. Car c'est vrai que seul l'épouvantail est apte à rassembler et comprimer les contradictions. Flaubert conduisait rituellement ses visiteurs de Croisset aux spectacles de marionnettes des environs. Elle-même avait gardé un souvenir d'adolescence presque traumatique des protagonistes grecs montés sur leur cothurne, ces esperpentos antiques, dans une mise en scène de l'Agamemnon d'Eschyle joué par des étudiants de la Sorbonne dirigés par Cohen.